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né le 8 décembre 1949 à Nantes

créatif par nature

écriture

peinture

sculpture

dessin...





extrait de "Conversations avec Georges Béranger"
- Vous me dites que vous avez eu une enfance heureuse cependant, si je suis bien renseigné, vous avez eu la polio à neuf mois...
- Vous êtes bien renseigné, mais la polio n‘empêche rien. J‘ai d‘excellents souvenirs de mon enfance. Je vivais dans une famille attentive et aimante, avec deux soeurs et deux frères.
- Vous étiez l'aîné ?
- Non, le quatrième. Mes parents avaient eu deux filles et un garçon avant moi. Puis est venu un autre garçon. Nous logions dans une petite maison d‘une cinquantaine de mètres carrés, bien assise sur un modeste jardin fleuri où se côtoyaient une belle variété d‘arbres et d‘arbustes fruitiers. C‘était agréable pour l‘enfant que j‘étais. Quand bien même la polio. J‘ai d‘ailleurs eu de la chance, cette maladie aurait pu m‘handicaper beaucoup plus.Cela ne m‘a pas empêché de vivre ma vie d'enfant. Je peux dire que j‘ai été heureux.
- L'enfance d'accord ! Mais parlez-moi de votre adolescence ?
- Mon adolescence ? Quelle question ! Ecoutez, l‘adolescence devrait être fêtée dans la joie. Les tambours devraient battre pour ce fabuleux changement de vie. Mais ce n'est apparemment pas la tradition chez nous... Il existe deux périodes importantes pour permettre à l‘être humain de se construire. Les sept premières années de vie, puis l‘adolescence. Sept autres années de transformations profondes, physiquement bien sûr mais aussi psychologiquement et socialement. Ces deux périodes de vie demandent beaucoup d‘attention et d‘amour. L‘adolescent a besoin d‘être accompagné posément, sans violence ni moquerie. Entrer dans le monde adulte demande d‘en comprendre les règles. Mais, les prétendus adultes que nous sommes ont-ils réellement compris ces règles ? Je n'en suis pas certain. Si cela était, notre monde ne serait pas devenu si complexe, si individualiste, si déshumanisé, si pollué. Où est le respect, base incontournable de toute vie humaine, animale, végétale et même minérale ? Qu‘offrons-nous aux jeunes comme perspective d‘avenir ? Comment vont-ils pouvoir se réaliser, aujourd‘hui ? Ne me croyez pas pessimiste. Au contraire. Je crois que de nombreuses pistes s‘offrent à eux, car il y a un immense boulot à faire pour sortir de ce monde englué dans son inconscience et dans son ego. Nos pays riches semblent ne pas comprendre ce qui se passe. Nos sociétés vont être obligées de se métamorphoser rapidement et nous paraissons ne rien voir. C‘est une véritable révolution économique et environnementale qui doit se mettre en marche. Il y a urgence. Sommes-nous prêts ? Je l‘espère mais je doute. Une autre approche des relations humaines et sociales doit voir le jour. Les jeunes ont tout à réinventer. Cela peut être fabuleux pour eux, quand bien même les embûches et les peurs multiples. Ils vont devoir exprimer toute leur créativité pour réussir.
- Mais, à votre époque tout était différent.
- Bien sûr ! Nous vivions dans une société qui croyait que la science allait tout régler et offrir le meilleur des mondes à l‘humanité. Il ne faut pas oublier que nous sortions, à peine, d‘une société rigide, conventionnelle. Nous étions des idéalistes. Inconscients de ce qui se préparait alors que, déjà, certains (une faible minorité) présageaient.
- Revenons à vous...
- Moi, à l‘époque, je cherchais désespérément à être comme "monsieur tout le monde", persuadé que lui, ce "monsieur tout le monde"'connaissait les règles du bonheur. J‘étais naïf alors !
- Pourquoi naïf ?
- Allons ! Essayez donc d‘enfiler les chaussures d‘une autre personne et de vous sentir bien dedans. Ce n‘est guère possible. Trop souvent, cette paire de chaussures s‘est déformée, s‘adaptant aux pieds de son propriétaire. Rares sont ceux qui réussissent à enfiler les chaussures des autres, sans ressentir des douleurs aux pieds. C'est ainsi. Nous avons chacun à trouver notre propre paire de chaussures pour être bien dans nos pompes. Et c‘est là toute la difficulté. Trouver réellement chaussure à son pied, tant affectivement que philosophiquement. Pour vivre bien. En paix avec soi-même. Et là, le chemin s'avère souvent complexe, mais combien enrichissant, épanouissant. Bien sûr, oser prendre ce chemin fait souvent peur. Il est apparemment plus confortable de ne pas bouger. Pourtant, j‘ai comme l‘impression que la vie m‘a obligé à agir. Je me dis que ce doit être pareil pour tout le monde . À vingt ans j'étais un jeune homme mal dans ma peau, triste et angoissé. J‘avais une grande envie de vivre, mais de multiples peurs me paralysaient. C‘est la peinture, la sculpture et l'écriture qui m'ont ouvert de nouvelles portes. Et j'en garde une profonde reconnaissance. L'art peut développer l'ego bien sûr, mais il peut, au contraire, libérer l'âme. C'est le chemin qui m'a été donné de suivre. Je n'ai pas l'impression d'avoir eu le choix. Non, c'était comme une urgence. Une obligation de faire.
- Je présume que c'est la raison de vos ateliers d'écriture ?
- Oui ! Quand on est en amour, l'envie de partager se fait sentir. J'ai animé des ateliers divers durant mon existence, peinture, sculpture, poterie, décors de théâtre, costume... J'avoue que partager ma passion de l'écriture me démangeait sérieusement. Voilà qui est fait.
- Et vous êtes heureux de ce choix ?
- Bien sûr ! Si je n'éprouvais pas de plaisir à le faire, je ne le ferai pas. C'est tout l'art du bien vivre. Le plaisir d'être et de faire.


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